mercredi, mars 07, 2007

Campagne Féministe

Et si tu étais féministe ?

On dit souvent que le féminisme n’a plus de sens aujourd’hui, que nous aurions tout gagné, puisque l’égalité hommes/femmes est inscrite dans la loi… Le féminisme serait ringard, même pour les femmes : « je ne suis pas féministe, je suis féminine ! ».
Alors, pourquoi nous battons nous aujourd’hui à Nanterre ? Parce que toutes les avancées ont été obtenues en luttant. Parce que non seulement les avancées sont insuffisantes dans tous les domaines, mais qu’on constate aussi des régressions inquiétantes : il y a urgence à se battre !
De fait, l’oppression des femmes est le produit d’un système. Dans la société telle qu’elle est construite, la domination des femmes sert des intérêts économiques en nous assignant un rôle de reproduction et en nous maintenant par tout un arsenal idéologique (école, médias, etc.) dans la cellule familiale : notre dépendance est méthodiquement organisée. Un travail ? D’accord, mais à condition de salaires et de postes moins élevés, à condition qu’il ne soit pas source d’émancipation.

L’oppression demeure dans tous les domaines :
- En ce moment même, la violence conjugale en Europe concerne 1 femme sur 5. En France, 1 femme sur 10 : 6 femmes meurent de violence conjugale chaque mois.
- 51 % des femmes assassinées le sont par leur partenaire
- Chaque jour en France, 137 femmes sont violées, soit un viol toutes les deux heures, donc au moins 25 000 viols par an.
- Les tâches ménagères cette année sont encore effectuées à 80% par les femmes. Elles consacrent en moyenne 5h par jour aux tâches domestiques soit 35h par semaine: l’équivalent d’un deuxième travail à temps plein, non payé.
- 56% de bachelières et seulement 8% des femmes professeurs à l’Université
- Au travail, le temps partiel touchait 8% des femmes en 1980, 32,6% en 2000. Plus d’ 1 femme sur 4 à temps partiel n’a pas d’autre choix.
- On cite souvent le fait que les femmes sont payées 20% de moins que les hommes. Mais nous sommes en réalité payées 37 % de moins en moyenne si on prend en compte le fait que nous sommes plus nombreuses à travailler à temps partiel.
- Seulement 24% des postes à responsabilité sont occupés par des femmes
- L’accès au choix : l’arrêt des campagnes d’information sur la contraception, la pilule du lendemain et le sida expliquent pourquoi : en 2004 il y a encore eu 13 000 grossesses non désirées chez les femmes de moins de 18 ans dont 7 000 ont conduit à un avortement, cela explique aussi une recrudescence du sida et des IST. Nous craignons une disparition progressive des médecins habilités à pratiquer l’IVG, car c’est une spécialité dévalorisée… alors qu’elle est nécessaire à la société

A l’attaque ! Le sexisme n’est pas mort, le féminisme non plus.

Si tout ce système se maintient, c’est parce que nous acceptons une image de femme victime, passive, objet, conforme aux constructions sociales du passé. Toutes les avancées sont le résultat des luttes des femmes : droit de vote, au travail, au contrôle de sa sexualité, etc. Battons-nous pour conserver ces acquis et en gagner d’autres ! Ce travail ne peut passer que par la prise en compte de nos réalités. En effet nos vécus diffèrents selon nos sexualités, nos différences sociales, ethniques et culturelles ou encore notre ressenti individuel. De nouveaux groupes se créent, un nouveau féminisme émerge. Il intègre la diversité de nos identités et n’exclut personne : lesbiennes, hétéros, trans’, hommes, prostitué-es, etc.

Venez participer à la mise en place d’un collectif féministe permanent à l’Université pour lutter ensemble contre les sexismes.

Si nous ne nous battons pas aujourd’hui et demain, QUI LE FERA ???

Manifestation pour les droits des femmes
Jeudi 8 Mars 18h M°Père Lachaise
Départ collectif de l’université à 17h
RDV au carrefour entre les Bât E et F
Meeting-Débat
Le féminisme contre attaque
Jeudi 13 mars à 12h30
Bât C Amphi C1
Etudions Gayment, Collectif pour une UNEF Unie et Démocratique, CNT-Paris X, Sud étudiant.

samedi, mars 03, 2007

Campagne contre le SIDA (23 novembre 2006- 1er décembre 2006)

25 ans d'épidémie : joyeux anniversaire sida !

25 ans de SIDA : 25 ans de trop ! Et pourtant l’épidémie ne cesse de progresser au point qu’on peut parler de pandémie : on observe une recrudescence des contaminations, le virus se transforme, la précarité des malades augmente… Nous condamnons les prises de position des institutions religieuses, les gouvernements qui se succèdent et qui ne font rien qui soit à la hauteur de la gravité de la situation et les candidatEs aux élections de 2007 qui ne parlent pas (ou si peu) du SIDA dans leur programme : Nicolas, Jean-Marie, ou Ségolène, toutes des vilaines !

25 ans d’épidémie, ça se fête, nous voulons des cadeaux :

- pour les jeunes : les contaminations sont en augmentation et toujours pas de prévention à l’école qui prennent en compte les réalités de nos sexualités : appelons une chatte une chatte ! Nous voulons des cours d’éducation sexuelle qui ne hiérarchisent pas les pratiques et les orientations sexuelles et de genre. Nous exigeons la mise à disposition de matériel de prévention dans les collèges, lycées, grandes écoles et facs. Nous voulons avoir des plaisirs protégés et libérés de toute autorité morale.

- pour les femmes : les tri-thérapies ne sont pas adaptées aux métabolismes (notamment aux taux d’hormones) des femmes car ils sont faits pour des hommes, ce qui entraîne des effets secondaires très lourds, des pathologies, comme le cancer du col de l’utérus, dont on ne connaît pas encore tous les effets à long terme. Dans les essais thérapeutiques pour tester de nouveaux traitements, les corps des femmes ne sont pas pris en compte en tant que tels. Nous voulons des études et des essais thérapeutiques qui tiennent compte de la spécificité des métabolismes des femmes.

- pour les « pays des Suds » : les politiques néo-colonialistes de la France, la volonté des grands groupes pharmaceutiques de protéger les brevets sur les médicaments, les politiques des gouvernements des pays des Suds… tout cela conduit à une situation sanitaire catastrophique en Afrique, en Asie, dans les pays de l’Est… Nous voulons que les brevets pharmaceutiques passent dans le domaine public pour que l’accès aux traitements pour touTEs soit facilité par le recours aux génériques.

- pour les étrangerEs : la conséquence de ces politiques protectionnistes et colonialistes, est la politique sécuritaire sur le territoire français : chasse aux sans-papiers qui viennent chercher dans les pays des Nords les traitements auxquels ils/elles n’ont pas accès dans leur pays, suppression de l’Aide Médicale d’Etat ce qui rend l’accès aux traitements quasiment impossible… Nous exigeons une protection sociale et médicale pour tous les sans-papiers (Couverture Maladie Universelle, Aide Médicale d’Etat).

- pour les prostituéEs : la Loi sur la Sécurité Intérieure de 2003 fragilise les putes face à l’épidémie : repousséEs à la périphérie, agresséEs et harceléEs par les flics, condamnéEs lourdement pour racolage… Nous exigeons le retrait de la LSI et la mise en place de politiques de prévention et de protection des putes et des clientEs.

- pour les transpédébigouines : les minorités sexuelles et de genre sont stigmatisées et invisibilisées, ce qui peut conduire à des comportements à risque ; la prévention et l’information sont laissées à la charge des associations. Nous exigeons des études épidémiologiques sur les Infections Sexuellement Transmissibles, et le VIH, concernant en particulier les rapports femmes/femmes et les trans. Nous exigeons des lois qui nous protègent nous, nos partenaires et nos enfants (adoption, mariage, loi contre les insultes transphobes…).

- pour touTEs : en France, en 2006, 5 millions de capotes ont été distribuées gratuitement, contre 6 millions en 2005 ; l’année 2005 « SIDA : grande cause nationale » n’a donné lieu à aucune mesure efficace ; les pouvoirs publics continuent à ne faire que deux campagnes de prévention par an… Nous exigeons une augmentation significative des budgets d’information et de prévention sur les IST et des mesures concrètes pour lutter contre la pandémie. Nous ne voulons plus fêter cet anniversaire !

Nique le SIDA = nique protégéE